LE PERIMETRE COOPERATIF  2001

En nombre, comme en 2000, on constate que les coopérations ou les structurations inter-coopératives représentent la moitié des opérations (51 %) et que - tous secteurs confondus - environ 15 % des opérations ont eu lieu à l'international.

Les branches qui ont connu des mouvements de rapprochement soit par fusion ou par création d'union sont toujours nombreuses même si la viticulture - doublement des opérations de concentration - et les céréales dominent largement le classement en terme de conséquences. On citera par exemple la création d'unions de coopératives comme Cohésis entre Norépi et ABC ou le rapprochement entre AgroPicardie et Canépi.

Mais les neuf premiers mois de l'année 2001 confirment surtout le mouvement amorcé en 2000 de multiplication des opérations de croissance externe menées par les entreprises coopératives. En valeur ces opérations représentent un solde net de CA de + de 5,5 Milliards de F en avance d'environ 35 % (+1,4 Mrd F) par rapport aux 9 mois de 2000.

De fait, hormis la vente des 75 % d'Eurosérum (730 MF de CA) détenus par SODIAAL à Entremont, et quelques autres cessions de moindre importance, l'année 2001 a surtout été marquée par de nombreuses opérations de rapprochement et de croissance externe, parfois lourdes de conséquence pour les acteurs des filières concernées. 

Sans ignorer des accords importants dans le domaine des biotechnologies comme l'entrée récente de RAGT dans BIOGEMMA, parmi les nombreux événements marquants sur le plan industriel et commercial, notons entre autres :

Dans la filière céréalière : la création en avril d'Intermill Paris entre les Grands Moulins de Paris, un groupe de 14 coopératives dont le noyau dur est constitué de Champagne Céréales, Nouricia et EMC2, et enfin Unigrains. Réalisant 4 Milliards de CA, ce nouveau Groupe couvre un quart de la production française de farine avec 19 moulins mais est aussi très impliqué dans l'aval avec 10 usines de panification, biscuiterie, viennoiserie, surgelés dont 4 sont situées à l'étranger. Il détient diverses marques connues comme Francine, Campaillette, Délifrance, …

  Egalement dans la filière céréalière : l'annonce en juillet de la décision des Conseils d'administration de SIGMA et de l'UNCAA d'engager un processus de fusion qui devra être entériné avant la fin de l'année. Ensemble les deux unions rassemblent 420 sociétaires, génèrent près de 20 Milliards de F de CA - ce qui en fera le premier groupe coopératif - et sont parmi les leaders européens dans de nombreux métiers : sélection et production semences, exportations de grains, agro-fournitures, nutrition et santé animale, distribution avec l'enseigne Gamm Vert.

  Dans le secteur du foie gras : le rapprochement entre deux acteurs concurrents Val de Sèvre en Vendée et Vivadour dans le Gers pour reprendre l'entreprise Le Canard du Midi situé dans le Lot. Dans sa nouvelle configuration, Le Canard du Midi (650 millions de F de CA ) dispose maintenant de 3 outils industriels et se situe au deuxième rang des producteurs français de foie gras avec 5,3 millions de canard par an.

  Toujours dans le secteur du foie gras : la création en juin du nouveau leader du foie gras avec l'accord conclu entre Rougié-Bizac et Montfort filiale du Groupe Euralis. Le nouvel ensemble va réaliser un CA proche de 2 Mrds de F avec 7,5 Millions de palmipèdes produits dans le Sud Ouest et en Pays de Loire.

  Dans la filière viande : l'acquisition en septembre par le groupement de producteurs de porcs Prestor (Finistère) et d'un pool bancaire des 2/3 du capital du transformateur Louis Gad SA (1,8 Mrd de CA). Prestor, 4ème groupement porcin français (derrière COOPERL, ARCA, CAPIG) avec 1,24 million de porcs charcutiers vise à terme la création d'un pôle de salaisonnerie important pour répondre à la demande de la grande distribution.

  Dans le secteur des légumes : l'acquisition en juillet de la société espagnole Véga Mayor par Soléco, filiale du Groupe AGRIAL. Vega Mayor qui a réalisé l'an dernier 220 millions de F de CA détient environ 70 % des parts de marché des légumes frais prêts à l'emploi. Après les investissements de Lichfield (Grande Bretagne), c'est donc une confirmation de la stratégie de reconnaissance de la marque Florette au niveau européen, et cette acquisition devrait permettre à Soléco de réaliser un CA de 1,3 Milliard de F. 

  Dans le secteur du sucre : l'acquisition en mars par Union SDA, troisième sucrier français, de la sucrerie du Bois Rouge (capacité de 100 000 t) appartenant au Groupe Bourbon (Réunion). Cette prise de contrôle s'inscrit dans une stratégie d'investissement dans les produits tirés de la canne à sucre qui s'est illustrée à travers le partenariat mis en place en novembre 2000 : celui-ci a pour but la construction d'une unité de production de 170 000 t de sucre et de 600 000 hl d'alcool pur à Ipaussu (Brésil).   

Au cours de l'année 2001, les entreprises coopératives ont donc poursuivi - voire accéléré - le mouvement de structuration des filières par le développement de partenariats inter-coopératifs et l'acquisition d'entreprises non coopératives, en France mais aussi à l'étranger.

Parts de marché de la Coopération Agricole sur ses trois métiers

  • Collecte de matières premières : 57 % en moyenne (ex : 75 % en céréales, 90 % en porc et 50 % en lait)

  • Approvisionnement et services : 60 % (fertilisants, produits phytosanitaires et vétérinaires, alimentation animale et semences)

  • Industries alimentaires : près de 35 % toutes filières confondues (MDD incluses)

Note méthodologique : L'Observatoire Economique de la Coopération Agricole recense les principales opérations réalisées par les entreprises coopératives agricoles françaises. La présentation ne porte pas que sur les opérations significatives et ne couvre pas l'ensemble des opérations menées à l'échelle nationale compte tenu de la difficulté d'obtenir l'exhaustivité des opérations

ANALYSE DE L'EVOLUTION DU PERIMETRE COOPERATIF

 
Etienne Réchard - Pôle Economie
Tél. :  01-44-17-57-30
E-mail : erechard@cooperation-agricole.asso.fr