MISE EN OEUVRE DES CONTRATS TERRITORIAUX D'EXPLOITATION ET CONTRATS D'AGRICULTURE DURABLE

 

1. Les Contrats Territoriaux d'Exploitation (CTE)

Dès 1998, lors de la phase de préfiguration, les coopératives agricoles, acteurs majeurs du développement agricole, se sont mobilisées pour que les CTE puissent intégrer les démarches de filière et le nécessaire lien au marché, et pour faire reconnaître et privilégier les démarches collectives et organisées, porteuses d'efficacité et garantissant un impact réel.

La CFCA anime un groupe de travail technique réunissant les adhérents les plus motivés sur ce sujet, pour accompagner la réflexion de leurs agriculteurs sociétaires et pour porter des projets collectifs qui associent étroitement la filière et le territoire, les actions économiques et les actions environnementales.

Pour en savoir plus :  Etude réalisée dans le cadre d'une convention entre le CNASEA et la CFCA"Implication des coopératives agricoles dans les projets collectifs CTE" (juillet 2001)

2. Les Contrats d'Agriculture Durable (CAD)

Après plus de deux ans de mise en œuvre du Contrat Territorial d'Exploitation (CTE), le nouveau Ministre a confié en juin 2002 une mission d'audit au Comité permanent de coordination des inspections (COPERCI) pour connaître la portée des mesures prises.

Suite à ce rapport, les pouvoirs publics ont suspendu la signature des CTE le 6 août 2002 avant de lancer une concertation en octobre pour élaborer un nouveau dispositif.

Cette série de réunions techniques avec les organisations professionnelles a donné les grandes caractéristiques du dispositif contractuel ayant pour objet de remplacer le CTE.

Le nouveau contrat intitulé "Contrat d'Agriculture Durable" a été présenté par Hervé Gaymard le 29 novembre 2002 aux représentants des OPA.

Le Ministre a insisté sur les orientations sous-tendant ce nouveau dispositif :

  • maintien du lien au territoire,
  • concentration des actions,
  • simplification (nombre de mesures, dates de démarrage fixées à mai en élevage et septembre en grandes cultures, contrôles désormais avant paiement mais uniques pour les ICHN(1), PHAE(2) et CAD,...),
  • encadrement budgétaire (enveloppe régionale, moyenne départementale de 27 000 €, plafond individuel fixé au double de la moyenne),
  • autonomie locale.

Il a tenu à souligner également :

  • qu'il était illusoire de penser que chaque agriculteur pourrait signer un CAD, le rapprochement des chiffres (600 000 exploitants à 27 000 €) montrant bien l'impossibilité budgétaire d'une telle politique ;
  • que sa philosophie n'était pas de faire du CAD un " fourre-tout " ; son action s'appuiera aussi sur d'autres outils ;
  • qu'il souhaitait qu'au démarrage du dispositif, tous les textes - y compris les circulaires d'application - soient prêts après avoir été étudiés en concertation.

Le CAD devrait être opérationnel au second semestre 2003.

(1) ICHN : Indemnités Compensatoires d'Handicaps Naturels

(2) PHAE : Prime herbagère agro-environnementale qui remplace la prime à l'herbe

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puce.gif (236 octets)   Position de la CFCA sur le nouveau dispositif CADLa CFCA se félicite de l'objectif du Gouvernement de simplification et de régionalisation du contrat d'agriculture durable, avancées indispensables pour rendre effective sur le terrain, la généralisation des bonnes pratiques agricoles.

La CFCA apprécie le renforcement de l'approche interdépartementale et l'articulation des différentes sources de financement en cohérence avec les orientations du contrat de plan Etat-Région, à l'échelon régional.

Mais le renforcement du volet environnemental et le plafonnement budgétaire ne doivent pas compromettre les actions économiques.

Ainsi, il convient de choisir les mesures agro-environnementales prioritaires en cohérence avec les objectifs de qualité des produits, condition essentielle à leur valorisation économique.

La CFCA regrette la suppression de la majoration du taux d'aides des projets collectifs qui risque de retirer toute pertinence aux démarches de qualité (produit, process) qui n'ont de sens que si elles se développent collectivement sur un territoire.

Même si l'axe socio-économique n'est plus prioritaire, les responsables de la Coopération, en particulier en CDOA, doivent s'impliquer dans la définition des territoires et des enjeux et veiller au choix notamment des actions économiques.

 

Ainsi pour les coopératives qui s'étaient impliquées dans des projets collectifs de filières, il reste théoriquement possible d'intégrer leur démarche dans le contrat type départemental (voire inter-départemental) et/ou dans les contrats-types territorialisés et donc d'obtenir des financements pour les adhérents concernés, même si le volet socio-économique est optionnel, l'attractivité financière moindre et l'adhésion restreinte.