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LE SUD-OUEST NE PEUT PAS
SE PASSER
DE SON MAÏS POURTANT TRÈS MENACÉ
PAR L'ÉVOLUTION DE LA PAC
Christian PEES, Président du Groupe
EURALIS, a fait part de ses profondes inquiétudes sur les conséquences
de l'évolution actuelle de la PAC et des négociations internationales
sur l'OMC sur la production de maïs, l'une des principales richesses de
l'agriculture du Sud-Ouest.
En effet, l'Union Européenne a résolument
pris le parti de baisser les prix agricoles européens pour les aligner
sur les prix du marché mondial, un marché où le prix artificiel ne reflète
nullement les coûts de production réels des pays producteurs.
Tout laisse à penser par ailleurs que la
Commission Européenne est également décidée à diminuer
progressivement les aides directes destinées à compenser les conséquences
des baisses de prix sur le revenu des producteurs, notamment pour financer
l'élargissement de l'Union Européenne aux pays de l'Est.
Le Président Christian PEES a dénoncé,
dans un Manifeste récemment rendu public, et cosigné par 5 autres Présidents
de coopératives 110 Bourgogne, Agralys, Coopagri Bretagne, Limagrain,
Noriap, cette vision ultra libérale de la politique agricole de l'Union
Européenne et sa volonté de "laisser faire" les marchés sans
aucune régulation.
Cette politique ne correspond nullement aux
spécificités de l'agriculture et a pour conséquence depuis plusieurs
années une dégradation considérable du revenu des agriculteurs mettant
en péril un nombre croissant d'exploitations.
Les maïsiculteurs du Sud-Ouest qui, dans
les années 50, ont su saisir l'opportunité de la culture du maïs pour
donner une nouvelle dynamique à l'agriculture de la région, sont
particulièrement menacés. Cette culture est pourtant très bien adaptée
aux caractéristiques agronomiques et au climat humide du Sud-Ouest. Elle
ne pourrait donc pas être remplacée par d'autres cultures, comme le blé
qui exige un climat plus sec.
Or, la culture du maïs concerne
directement, dans la région, 23 000 agriculteurs installés dans des
exploitations de type familial.
A lui seul, le Groupe EURALIS rassemble 10
000 producteurs de maïs qui cultivent 120 000 ha, soit une surface
moyenne de 12 ha par exploitation. Aux Etats-Unis, pour cultiver la même
surface, il suffirait de 150 producteurs ! Le Groupe EURALIS refuse ce modèle
d'agriculture.
Par ailleurs, la culture du maïs dans le
Sud-Ouest et le rôle d'EURALIS ont permis le développement de nombreux
élevages qui emploient une main d'œuvre familiale et dont les
productions font la fierté du Sud-Ouest : volailles sous label, foie
gras, jambons de Bayonne, bovins de qualité, etc. Le Sud-Ouest ne peut
donc pas se passer de la culture du maïs. Et si l'Europe a besoin d'une
agriculture compétitive, elle a aussi besoin d'une agriculture durable,
c'est-à-dire d'abord des agriculteurs qui durent et qui, pour cela,
doivent vivre du fruit de leur travail.
C'est pourquoi, dans le cadre du Manifeste,
Christian PEES et les 5 autres Présidents de coopératives proposent le
"NOAM", un " Nouvel Ordre Agricole Mondial " fondé
sur l'équité, c'est-à-dire permettant à chaque pays ou zone économique
d'assurer des prix rémunérateurs et stabilisés par des mesures de régulation
de la production. Pour autant que cette nouvelle politique de prix soit
acceptée et devienne la règle internationale, le dispositif des aides
directes aux revenus et des aides à l'exportation de la PAC pourrait
alors évoluer pour permettre un redéploiement des aides vers d'autres
types d'actions : préservation de l'environnement, développement des
zones défavorisées, etc.
Devant la gravité de la situation, le Président
Christian PEES :
- souhaite que le Président de l'AGPM
prenne d'urgence des initiatives fortes permettant d'assurer l'avenir
de la culture du maïs en Europe et dans le Sud-Ouest
- demande au monde politique d'avoir une
vraie stratégie pour l'agriculture et de prendre enfin conscience que
la politique agricole, telle qu'elle est orientée, se traduira par
une catastrophe sociale et économique pour le monde rural
La France et l'Europe ne doivent pas
accepter une production agricole concentrée dans quelques régions du
monde qui ferait prendre des risques trop importants en matière
d'approvisionnements et de sécurité alimentaire.
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