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03/04/2002
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 


LE SUD-OUEST NE PEUT PAS SE PASSER
DE SON MAÏS POURTANT TRÈS MENACÉ
PAR L'ÉVOLUTION DE LA PAC

Christian PEES, Président du Groupe EURALIS, a fait part de ses profondes inquiétudes sur les conséquences de l'évolution actuelle de la PAC et des négociations internationales sur l'OMC sur la production de maïs, l'une des principales richesses de l'agriculture du Sud-Ouest.

En effet, l'Union Européenne a résolument pris le parti de baisser les prix agricoles européens pour les aligner sur les prix du marché mondial, un marché où le prix artificiel ne reflète nullement les coûts de production réels des pays producteurs.

Tout laisse à penser par ailleurs que la Commission Européenne est également décidée à diminuer progressivement les aides directes destinées à compenser les conséquences des baisses de prix sur le revenu des producteurs, notamment pour financer l'élargissement de l'Union Européenne aux pays de l'Est.

Le Président Christian PEES a dénoncé, dans un Manifeste récemment rendu public, et cosigné par 5 autres Présidents de coopératives 110 Bourgogne, Agralys, Coopagri Bretagne, Limagrain, Noriap, cette vision ultra libérale de la politique agricole de l'Union Européenne et sa volonté de "laisser faire" les marchés sans aucune régulation.

Cette politique ne correspond nullement aux spécificités de l'agriculture et a pour conséquence depuis plusieurs années une dégradation considérable du revenu des agriculteurs mettant en péril un nombre croissant d'exploitations.

Les maïsiculteurs du Sud-Ouest qui, dans les années 50, ont su saisir l'opportunité de la culture du maïs pour donner une nouvelle dynamique à l'agriculture de la région, sont particulièrement menacés. Cette culture est pourtant très bien adaptée aux caractéristiques agronomiques et au climat humide du Sud-Ouest. Elle ne pourrait donc pas être remplacée par d'autres cultures, comme le blé qui exige un climat plus sec.

Or, la culture du maïs concerne directement, dans la région, 23 000 agriculteurs installés dans des exploitations de type familial.

A lui seul, le Groupe EURALIS rassemble 10 000 producteurs de maïs qui cultivent 120 000 ha, soit une surface moyenne de 12 ha par exploitation. Aux Etats-Unis, pour cultiver la même surface, il suffirait de 150 producteurs ! Le Groupe EURALIS refuse ce modèle d'agriculture.

Par ailleurs, la culture du maïs dans le Sud-Ouest et le rôle d'EURALIS ont permis le développement de nombreux élevages qui emploient une main d'œuvre familiale et dont les productions font la fierté du Sud-Ouest : volailles sous label, foie gras, jambons de Bayonne, bovins de qualité, etc. Le Sud-Ouest ne peut donc pas se passer de la culture du maïs. Et si l'Europe a besoin d'une agriculture compétitive, elle a aussi besoin d'une agriculture durable, c'est-à-dire d'abord des agriculteurs qui durent et qui, pour cela, doivent vivre du fruit de leur travail.

C'est pourquoi, dans le cadre du Manifeste, Christian PEES et les 5 autres Présidents de coopératives proposent le "NOAM", un " Nouvel Ordre Agricole Mondial " fondé sur l'équité, c'est-à-dire permettant à chaque pays ou zone économique d'assurer des prix rémunérateurs et stabilisés par des mesures de régulation de la production. Pour autant que cette nouvelle politique de prix soit acceptée et devienne la règle internationale, le dispositif des aides directes aux revenus et des aides à l'exportation de la PAC pourrait alors évoluer pour permettre un redéploiement des aides vers d'autres types d'actions : préservation de l'environnement, développement des zones défavorisées, etc.

Devant la gravité de la situation, le Président Christian PEES :

  • souhaite que le Président de l'AGPM prenne d'urgence des initiatives fortes permettant d'assurer l'avenir de la culture du maïs en Europe et dans le Sud-Ouest
  • demande au monde politique d'avoir une vraie stratégie pour l'agriculture et de prendre enfin conscience que la politique agricole, telle qu'elle est orientée, se traduira par une catastrophe sociale et économique pour le monde rural

La France et l'Europe ne doivent pas accepter une production agricole concentrée dans quelques régions du monde qui ferait prendre des risques trop importants en matière d'approvisionnements et de sécurité alimentaire.

Contact presse :

Yves LE BORGNE
Responsable communication
Tél. : 05.59.92.39.19/ fax : 05.59.92.39.89
contact@euralis.fr